Sénégal: appui à l’insertion socio-économique des femmes rurales de la région de Matam


Avec l’ONG Elevages sans frontières

« Appui à l’insertion socio-économique des femmes rurales de la région de Matam au Sénégal via le développement d’activités agricoles génératrices de revenus. »

Localisation

Sénégal, Région de Matam, 21 villages répartis dans 3 communautés rurales : Ogo, Nabadji, Wouro Sidy.

Durée totale du projet

36 mois – 1er juillet 2014 au 30 juin 2017 Année 1 : juillet 2014 – juin 2015

Partenaire local

Elevages sans frontières Sénégal, antenne d’Elevages sans frontières.

Bénéficiaires

Directs : 4070 femmes organisées en 21 organisations féminines paysannes
4070 bénéficiaires d’un appui en production végétale dont 1506 bénéficiaires d’un appui en élevage caprin ou ovin

Indirects : 28 000 personnes issues des ménages des bénéficiaires

Justification du projet

La région de Matam, au Nord Est du Sénégal, est la deuxième région la plus vaste du pays, particulièrement enclavée et encore marquée par le déplacement des populations Peuls lié au conflit de 1989 et la crise géopolitique et climatique actuelle du Sahel. L’agriculture concerne 80% de la population. Face à la croissance démographique et aux flux de populations, l’accès à la terre demeure difficile: 34% des ménages ne disposent pas de terres. 68% ne parviennent donc pas à satisfaire leurs besoins alimentaires.

Suite au départ d’une partie des hommes en recherche d’emploi, les femmes représentent 50% de la population et doivent composer avec les contraintes climatiques et socio-économiques de la zone. A la fois chargées de l’éducation des enfants, de la gestion des terres, et de l’entretien du foyer, leur contribution à l’économie du foyer est évidente et ce malgré un accès limité aux moyens de production et au manque de reconnaissance sociale. Pour pallier à cela, les femmes rurales s’organisent en associations féminines. Elles mènent des activités de maraîchage, de petit élevage, de petit commerce, de gestion de caisses solidaires (« tontines ») ou d’artisanat. Bien que l’agriculture occupe une place importante dans l’économie de la région et que l’élevage dispose de potentialités (diversité du cheptel, disponibilité de terres cultivables, tradition d’élevage, disponibilité de l’eau et du fourrage surtout en hivernage), les productions restent très vulnérables car très fortement tributaires des aléas climatiques et des épidémies. La population est confrontée à des difficultés d’accès aux services sociaux de base (eau, électricité, assainissement, santé, éducation), au faible niveau d’organisation et au manque d’appui des services techniques agricoles.
Face aux difficultés traversées, ESF a implanté une antenne locale dans la région en 2008. L’antenne vise le renforcement des cheptels ovins et caprins, l’accès et la mise en valeur de périmètres maraîchers en tentant de promouvoir un modèle d’agriculture intégrée. Elle vise aussi un renforcement des capacités d’organisation et de gestion des groupements pour favoriser le développement d’activités génératrices de revenus et leur insertion dans l’économie rurale.
Ce nouveau projet s’inscrit dans la continuité de l’action menée depuis 6 ans par Elevages sans frontières dans la région de Matam.

Objectif général du projet

Les conditions de vie de 4070 femmes rurales sénégalaises de la région de Matam (sécurité alimentaire et génération de revenus) sont améliorées grâce au développement d’activités agricoles génératrices de revenus.

Objectifs spécifiques

  1. Les productions animales et végétales des organisations paysannes sont améliorées.
  2. Les capacités professionnelles et organisationnelles des organisations paysannes sont renforcées.

Résultats attendus

  1. Les moyens et techniques de production animale sont améliorés et maitrisés
  2. Les moyens de production végétale sont améliorés et maitrisés
  3. Les systèmes d’irrigation des périmètres maraichers sont améliorés
  4. Les associations féminines sont structurées et organisées autour d’activités économiques collective.

Principales activités prévues

Les moyens et techniques de production animale sont améliorés et maitrisés.

– Installation de 2258 animaux (884 chèvres et 1374 brebis) auprès de 1506 bénéficiaires.
– Mise en place d’un hangar de stockage des fourrages dans 1 village
– Formation de 42 auxiliaires d’élevage pour le déploiement d’un service vétérinaire local de proximité dans 21 villages
– Construction de 4 bassins d’abreuvement pour les animaux pour 2 villages

Les moyens de production végétale sont améliorés et maitrisés

– Pose de grillage autour de 7 périmètres maraichers (2 nouvelles poses et 5 extensions de périmètres déjà existants)
– Plantation de 10 000 plants d’Acacia mellifera pour mise en place de 10 haies vives autour des périmètres maraîchers
– Accompagnement dans l’amélioration des itinéraires techniques agricoles de 4070 bénéficiaires et formation de « relais » de suivi agricoles

Les systèmes d’irrigation des périmètres maraichers sont améliorés

– Amélioration des systèmes d’irrigation au niveau des périmètres agricoles (amélioration du système d’irrigation à Sinthiou Mogo, curage ou fonçage de 3 puits, installation d’adductions et de bassins dans 4 villages).

Les associations féminines sont structurées et organisées autour d’activités économiques collectives.
– Formation des bénéficiaires des 21 organisations en dynamique organisationnelle

– Formation des membres des bureaux des 21 organisations à la gestion financière – Organisation de 6 visites d’échanges entre organisations paysannes

Méthodologie

L’action prévoit d’appuyer et d’accompagner les familles bénéficiaires dans l’élevage et les productions végétales selon les principes méthodologiques suivants :
– S’adresser à des structures associatives féminines villageoises reconnues, en mobilisant la participation active des bénéficiaires
– Accompagner les femmes dans l’acquisition de moyens de production animales et végétales en valorisant et en optimisant les complémentarités entre les deux domaines d’activités (agriculture intégrée, approche systémique).
– Renforcer les capacités techniques, organisationnelles et de gestion de suivi des organisations paysannes par des formations et des rencontres d’échanges entre groupements pour dynamiser la vie associative.
– Garantir le principe du microcrédit animal ou « Qui reçoit… donne » (QRD), propre à Elevages sans frontières : pour chaque animal reçu, chaque femme s’engage à donner un animal né de l’élevage à une autre famille dans les 3 ans suivant l’installation des animaux. Sur les 2258 animaux qui seront installés sur les 3 années du projet, 40% proviendront du remboursement d’animaux.
– Assurer aux bénéficiaires une assistance technique de qualité et renforcer les services vétérinaires pour garantir la santé animale des cheptels installés et des autres animaux.

Partenaire locaux principaux

– Elevages sans frontières Sénégal, composée de 5 salariés locaux, responsable de la mise en œuvre et du suivi du projet sur le terrain.
– IRSV (Inspection Régionale des Services vétérinaires) aura comme mission de former des auxiliaires d’élevage des différents villages, de suivre et d’évaluer la santé des animaux au sein du projet.

Etat d’avancement du projet

Des visites de terrain des 21 organisations féminines ont été menées en mai-juin 2014 afin d’établir un diagnostic du village, des bénéficiaires et de l’association. Les besoins de chacun des groupements ont été identifiés. La liste des activités à mener dans chacun des villages a été établie, en vue d’améliorer les capacités de production, de fonctionnement et d’organisation des organisations paysannes et l’insertion socio-économique des femmes et leur reconnaissance au sein des ménages et des villages. Les premiers investissements pour l’appui à la production animale et végétale sont prévus dès le mois d’octobre-novembre 2014.