Kandess-Un , projet d’Ecocentre à Yayem, Sénégal avec l’ONG Via Brachy – Avril 2016


1_ LE CONTEXTE:

Le projet d’Ecocentre  du village de Yayem (Région de Fatick, frontalière de la Gambie) est né en 2014 du constat partagé par l’ONG Via Brachy et ses partenaires locaux que les populations du territoire yayémois sont exposées à deux difficultés majeures :

 La faiblesse des rendements agricoles et agroforestiers, la raréfaction des ressources en bois : la déforestation, en grande partie due aux coupes abusives destinées au bois de chauffe, a pour conséquence d’accélérer la salinisation et l’érosion des sols et donc la diminution de la surface agricole utile et la raréfaction des produits agroforestiers. A cela s’ajoutent de mauvaises pratiques culturales qui participent à l’épuisement des sols. Ces phénomènes constituent un frein au développement économique et sont une menace pour l’environnement et les écosystèmes.

Le manque d’activités complémentaires et donc de revenus monétaires : l’insuffisance des activités de transformation et de conservation alimentaires, due à un manque de formation et d’équipement autant qu’à l’enclavement et à la difficulté d’accéder à l’énergie, se traduit par des pertes importantes de produits agricoles et forestiers, une insécurité alimentaire en dehors des périodes de récolte et un manque de revenus monétaires. La population locale est de ce fait dans l’incapacité d’économiser de l’argent et de l’investir dans d’autres activités génératrices de revenus.

 2-OBJECTIFS DU PROJET

Objectif général : Contribuer au développement durable de la localité de Yayem au Sénégal par la mise en place d’un Ecocentre, lieu ressource pour la formation professionnelle, le développement d’activités génératrices de revenus (AGR) et la préservation de l’environnement.

Objectifs spécifiques :

– Augmenter les revenus des bénéficiaires par la commercialisation des produits locaux et la vente d’équipements économes ; Contribuer en particulier à l’amélioration des conditions économique et domestique des femmes par la mise en place d’AGR ;

– Appuyer la structuration, l’efficacité organisationnelle et l’autonomie des bénéficiaires par des formations et accompagnements adaptés ; Fédérer et organiser les acteurs de la transformation agricole à Yayem ;
– Préserver l’environnement par la diffusion de pratiques et d’équipements agroécologiques.

 3- Bénéficiaires

3.1 Bénéficiaires directs: 160 personnes

Le projet cible en priorité les membres des 3 GIE de femmes ( GIE Rogga Djegga, Maïssa Coura et Bagwé), soit 60 personnes, dont 55 femmes. Ces bénéficiaires sont acteurs à part entière du projet. Ils sont impliqués dans toutes ses phases : diagnostic initial, conception, gestion, réalisation (activités de production et de transformation alimentaires), suivi, évaluation. Un investissement personnel est fourni par les participants, qui doivent être présents aux réunions et aux formations, organiser le déroulement des activités et les mettre en œuvre, commercialiser leur production pour parvenir à augmenter leurs revenus.

Ils auront accès au centre et à ses équipements, ainsi qu’aux formations et à un suivi-accompagnement rapproché.

– 100 personnes membres des GIE d’autres villages de la communauté rurale de Fimela bénéficieront des formations : GIE Djilor, ferme-école de Kaydara, femmes recensées à Loul Sessène et Djilass-Fimela par la CADL et World Vision, etc.

– 10 personnes membres du COPIL bénéficieront de formations et accompagnements supplémentaires (gestion, à la comptabilité, à l’animation d’une structure)

– 3 personnes seront initialement employées par Via Brachy localement : un coordinateur local à temps partiel, un chargé de projet à temps plein, un gardien-homme d’entretien à temps plein.

3.2 Bénéficiaires indirects : plus de 5000 personnes

– 800 personnes (pour des familles de 5 personnes en moyenne) constituant l’entourage proche des bénéficiaires directs seront impactées par l’augmentation du niveau de vie et de formation de ces derniers en termes d’alimentation et autres produits de première nécessité, d’accès aux soins, et d’éducation.

– Les 2300 habitants de Yayem bénéficieront de l’amélioration de la qualité et de la quantité de produits maraîchers et forestiers transformés localement

– 2000 personnes environ, habitants de la commune de Fimela, de la région de Fatick, ou autres villes suivant les débouchés trouvés pour les produits, bénéficieront de même de produits maraîchers et artisanaux de qualité

 4- Durée du projet

3 ans au total ; le projet a débuté mi 2014 et s’achèvera en juillet 2017.

5- Mise en œuvre

 Activités réalisées en phase 1 : 2014-2015 (18 mois)

– Mapping des acteurs locaux (dispositifs publics, acteurs privés, situation concurrentielle) ; coordination avec les initiatives similaires et/ou complémentaires ;

– Acquisition d’un terrain et premiers aménagements : réfection d’une case et d’un puits, construction de toilettes et de douches provisoires, installation de panneaux photovoltaïques ;

– Conception des plans et réalisation de devis pour la construction des bâtiments du centre ;

– De nombreux chantiers participatifs d’intérêt communautaire : construction-formation de 2 bancs en pneus et matériaux plastiques recyclés avec l’association 3000 Ecomen ; Reboisement : 100 plants d’eucalyptus ; mobilisation de la population pour le nettoyage et tri des déchets dans le village…

– Accompagnement structurel : appui à la dynamique interne, à l’organisation et à l’animation des réunions, à l’organisation d’événements publics ; Création d’une cellule de gouvernance locale fédérant les 3 GIE, appelée « Comité de Pilotage » ;Formation-accompagnement à la gestion financière et organisationnelle (10 personnes formées) ;

– Formations à la fabrication et àl’utilisation de séchoirs solaires (25 personnes des 3 GIE formées) ;

– Sensibilisation à l’environnement et promotion des séchoirs solaires auprès des médias, des élus locaux et des ONG et hôtels alentour, démonstrations publiques de l’utilisation des séchoirs par les membres des GIE ;

– Production et vente de 20 kg de mangues séchées en 2014 et de 32 kg de mangues et coco en 2015 ; séchage expérimental d’autres denrées alimentaires (tomates, bananes, manioc, piments, céréales) peu commercialisées à ce stade ;

– Analyse de 10 échantillons de mangues séchées au centre par le Laboratoire National d’Analyses et de Contrôle (LANAC) au Sénégal, afin d’améliorer la qualité de la production ;

Activités prévues en phase 2 : 2016-2017 (18 mois)

 1-Mise à disposition d’un lieu et d’équipements adaptés à la transformation de produits agroforestiers et à la production maraîchère – Janvier à juillet 2016 (7 mois)

Afin de disposer d’un lieu pérenne, Via Brachy a acquis un terrain dans le village. L’Ecocentre comportera 3 bâtiments distincts, construits par des artisans locaux :

– un espace aux normes hygiéniques élevées appelé « laboratoire » pour la transformation alimentaire ;
– un local technique et administratif, pour le stockage des équipements, des fournitures et des denrées alimentaires, et comportant un espace bureau et accueil ;
– un atelier ouvert pour le bricolage (atelier mutualisé), la construction et la réparation des équipements. L’Ecocentre sera équipé de :
– 4 séchoirs solaires, un jeu d’outils pour la fabrication de séchoirs, la maintenance, le bricolage ;
– 1 frigo, 2 balances, 2 appareils d’emballage (sous vide / fermeture des sachets), tables et chaises ;
– 2 panneaux solaires, une pompe à eau solaire pour le puits, raccord au réseau électrique et à l’eau courante (par sécurité, en cas d’insuffisance des équipements solaires)
– Fournitures diverses : paniers, seaux, sachets plastique, marmites, couteaux, écumoires, pots, râteaux, pelles, etc.

Via Brachy a organisé un crowdfunding fin 2015 dans le but de collecter les fonds nécessaires à la construction du local technique et administratif. La construction a débuté en février 2016.

 2- Formation professionnelle aux techniques de transformation alimentaire, à l’agriculture durable et à la commercialisation – Janvier 2016 à juillet 2017

Sont prévues les formations suivantes, dispensées par des formateurs locaux :

– 3 formations au séchage d’aliments (mangue, coco, gombo, échalote, piment, tomate)
– 1 formation rentabilité / qualité / hygiène, avec l’objectif d’améliorer la qualité des produits et l’organisation de la transformation
– 3 formations à des méthodes complémentaires de transformation et conditionnement des aliments (jus, sirops et confitures, conserves)
– 3 formations compostage et gestion des déchets
– 2 formations au maraîchage biologique
– 1 prestation d’accompagnement à la commercialisation, afin d’appuyer l’identification des débouchés locaux et le développement de partenariats commerciaux, la structuration de la distribution et la promotion des produits de l’Ecocentre.

3-Structuration et accompagnement des partenaires locaux – Janvier 2016 à juillet 2017

Afin de fédérer les structures existantes, Via Brachy a impulsé la création d’une cellule de gestion locale dite « Comité de Pilotage », composée des président-e-s et trésorier-ère-s de chacun des 3 GIE, ainsi que de deux membres de Via Brachy. Les membres du comité bénéficient de :

– 1 formation en gestion (suivi comptable, suivi de la production, des stocks et des ventes…)
– 2 formations aux dispositifs existants d’appui aux GIE, afin que les GIE soient en capacité de les solliciter directement pour des besoins ciblés (agriculture, transformation, gestion, financement, alphabétisation…)
– 2 Formations aux droits : accès au crédit, accès à la terre, droits de la femme, citoyenneté
– Appui à l’organisation et à l’animation des réunions, mobilisation, coordination des acteurs, médiation – tout au long du projet

 6- Budget

Budget du projet pour 2016-2017: 33 413 €, dont 19% de fonds propres (6 413€) .

– Conseil Régional de Midi-Pyrénées : Acquis (5 000€)
-CDC – Développement solidaire (10 000€) / Fondation Raja (7000€): sollicités

-Montant sollicité auprès de TFD : 5000€

7- Détail des activités sur lesquelles a  porté le financement de TFD

Via Brachy a souhaité bénéficier du soutien de Tourism For Development pour achever la construction et l’équipement de l’Ecocentre qui devaient intervenir rapidement.

D’une part, la première phase du projet a permis de former en partie des bénéficiaires et de débuter les activités génératrices de revenus. Pour que ces activités puissent se dérouler efficacement et permettre une réelle amélioration du niveau de vie des villageois, il est essentiel que les bâtiments soient construits. D’autre part, le gros des travaux doit se dérouler avant la saison des pluies, qui commence en juillet.

Concrètement, la construction du local technique sur fonds propres et les équipements actuels pourraient permettre dès cette année de conduire une campagne de séchage d’aliments minimaliste en intérieur, dans des conditions de travail et d’hygiène correctes. Cependant, pour de meilleurs résultats, la construction de la case laboratoire est indispensable, ainsi que l’achat et l’installation des principaux équipements : électrification, eau courante, réfrigérateur, appareils de conditionnement…